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La stabilité comme condition de la connaissance

" : - Alors, comment ce qui n'est jamais dans le même état pourrait-il avoir quelque existence ? […]
SOCRATE : - En outre, il ne saurait non plus être connu de personne. A l'approche de qui voudrait le connaître, il deviendrait autre et différent, si bien qu'on ne pourrait plus savoir ce qu'il est ou quel est son état. Aucune connaissance, évidemment, ne connaît l'objet auquel elle s'applique, s'il n'a point d'état déterminé.
CRATYLE : - Il en est comme tu dis.
SOCRATE : - De connaissance non plus il ne peut être certainement question, Cratyle, si tout se transforme et rien ne demeure. Car si cette chose même que nous appelons la connaissance ne cesse, par transformation, d'être connaissance, toujours la connaissance subsistera et il y aura connaissance. Mais si la forme même de la connaissance vient à changer, elle se changera en une autre forme que la connaissance et, du coup, il n'y aura pas de connaissance. Et si elle change toujours, jamais il n'y aura de connaissance ; d'où il suit qu'il n'existera ni de sujet pour connaître, ni d'objet à connaître.
Si, au contraire, le sujet connaissant existe toujours, comme l'objet connu, comme le Beau, comme le Bien, comme chaque être en particulier, ce dont nous sommes en train de parler me paraît n'offrir aucune ressemblance avec un écoulement et une mobilité. "

Platon, Cratyle