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Que la matière ne pense pas

« Pour ce qui est maintenant de la Pensée, il est sûr (...) qu'elle ne saurait être une modification intelligible de la matière ou qui y puisse être comprise et expliquée, c'est-à-dire que l'être sentant ou pensant n'est pas une chose machinale comme une montre ou comme un moulin, en sorte qu'on pourrait concevoir des grandeurs, des figures et mouvements dont la conjonction machinale pût produire quelque chose de pensant et même de sentant dans une masse où il n'y avait rien de tel, qui cesserait aussi de même par le dérèglement de cette machine. Ce n'est donc pas une chose naturelle à la matière de sentir et de penser, et cela ne peut arriver chez elle que de deux façons, dont l'une sera que Dieu y joigne une substance, à qui il soit naturel de penser, et l'autre que Dieu y mette la pensée par miracle. »

Leibniz, Nouveaux Essais sur l'entendement humain