Dossiers > Accueil

Communauté

Devenir membre

La connaissance et la vérité

« Tu sais que les yeux, lorsqu'on les tourne vers ces objets colorés que n'éclaire plus la lumière du jour, mais seulement une lueur nocturne semblent devenir aveugles. Et si les yeux se tournent vers des objets que le soleil illumine, ils les voient nettement. Conçois donc maintenant, qu'il en est de même pour la vision de l'âme. Lorsqu'elle se tourne vers ce que la vérité et l'être illuminent, alors elle pense, elle le connaît et elle semble posséder l'intellect. Lorsqu'elle se tourne cependant vers ce qui est mêlé d'obscurité, sur ce qui devient et se corrompt, alors elle a des opinions dans lesquelles elle s'embrouille en les revirant en tous sens, et on dirait qu'elle est alors dépourvue d'intellect. Eh bien ce qui confère la vérité aux objets connaissables et accorde à celui qui connaît le pouvoir de connaître, tu peux déclarer que c'est la forme du bien. Comme elle est la cause de la connaissance et de la vérité, tu peux la concevoir comme objet de connaissance, et si tu reconnais à l'une et à l'autre - la connaissance et la vérité - une certaine beauté, tu porteras un jugement correct si tu estimes qu'il existe encore quelque chose de plus beau qu'elles. La connaissance et la vérité, il est juste de penser qu'elles sont comme la lumière et la vue, semblables au soleil dans le monde visible, mais il n'est pas correct de les identifier au soleil ; et de même, dans le monde intelligible, il est juste de penser que la connaissance et la vérité sont semblables au bien ; la nature du bien, en effet, doit être quelque chose de plus précieux. »

Platon, République