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l'animal, l'enfant, le fou

« L’animal, l’enfant, l’idiot perçoivent et connaissent à leur manière quoique sans doute ils ne se représentent point les objets tels que l’homme les imagine et les conçoit, grâce au concours des sens et de facultés supérieures que l’animal, l’enfant et idiot ne possèdent pas.
Or, une de ces facultés, que nous considérons comme éminente entre toutes les autres, et celle de concevoir et de rechercher la raison des choses. Que cette faculté ait besoin, comme le goût littéraire, comme le sentiment du beau, d’exercice et de culture pour se développer ; qu’elle puisse être entravée dans son développement par certains défauts d’organisation, par des circonstances extérieures défavorables, telles que celles qui concentrent toute activité de l’homme vers des travaux ou des plaisirs grossiers, il y aurait absurdité à le nier. Mais toujours est-il que, chez tous les hommes réputés raisonnables, on retrouve, à certains degrés, cette tendance à s’enquérir de la raison des choses ; ce désir de connaître, non pas seulement comme les choses sont, mais pourquoi elles sont de telle façon plutôt que d’une autre ; et, partant, cette intelligence d’un rapport qui ne tombe pas sous les sens ; cette notion d’un lien abstrait en vertu duquel une chose est subordonnée à une autre qui la détermine et qui l’explique. »

Cournot, l’Essai sur les fondements de nos connaissances et sur les caractères de la critique philosophique