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Le pouvoir

"Dès que le plus faible des hommes a compris qu'il peut garder son pouvoir de juger, tout pouvoir extérieur tombe devant celui-là. Car il faut que tout pouvoir persuade. Il a des gardes, c'est donc qu'il a persuadé ses gardes. Par un moyen ou par un autre, promesse ou menace; si les gardes refusent de croire, il n'y a plus de tyran. Mais les hommes croient aisément. Ils soumettent leur jugement aux promesses et aux menaces. Nous ne le voyons que trop. Ce n'est pas peu de dissoudre d'abord une force politique, qui se présente à l'esprit sous les apparences d'une force mécanique. Toute force politique agit par les esprits et sur les esprits. Les armées sont armées par l'opinion. Dès que les citoyens refusent d'approuver et de croire, les canons et les mitrailleuses ne peuvent plus rien." Réponse : Dans ce passage, Alain aborde la question du pouvoir et surtout celle de ses conditions de possibilité. Il commence ainsi par affirmer que le pouvoir ne peut rien face à une personne qui fait preuve de jugement. Le pouvoir du jugement est donc supérieur à toute force. Dans un second temps, il donne les raisons d’une telle affirmation ; il n’y a de pouvoir qui fonctionne que parce qu’il y a des gens qui abdiquent leur faculté de juger, qui acceptent de croire en ce pouvoir.

Alain