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La volonté, reine des facultés

« Comment peut-il y avoir une faculté supérieure à celle qui use des autres comme servantes, qui estime et déclare le prix de chacune d’elles ? Laquelle parmi les autres sait ce qu’elle est et ce qu’elle vaut ? Laquelle sait quand on doit user d’elle ou ne pas en user? Quelle est celle qui ouvre ou ferme les yeux, qui écarte le regard des objets dont on doit l’écarter, ou le fixe sur les autres ? Est-ce la faculté de voir ? Non, c’est celle de vouloir. Quelle est celle qui vous fait boucher les oreilles ou qui les ouvre ? Quelle est celle qui nous rend curieux et questionneurs ou, à l’inverse, indifférents aux paroles entendues ? Est ce que c’est la volonté d’entendre? Ce n’est pas une autre que la volonté d’être libre. Et quand cette faculté a vu qu’elle est dans toutes les autres, qui sont sourdes, aveugles et incapables de rien percevoir sinon les actes même dans lesquels elles s’ordonnent à elle pour la servir et lui obéir, alors que seule, elle a la vue perçante et voit quelle est la valeur des autres et la sienne propre, va-t-elle nous déclarer que la supériorité appartient à d’autres ou à elle-même ? Que fait d’autre un oeil ouvert que de voir ? Mais qui dit si et comment il faut regarder la femme d’un autre ? C’est la volonté réfléchie... »

Epictète, Manuel