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Critique de l'inconscient

" Le freudisme, si fameux, est un art d'inventer en chaque homme un animal redoutable, d'après des signes tout a fait ordinaires, les rêves sont de tels signes. Mais il y a de la difficulté sur le terme d'inconscient. L'homme est obscur a lui même, cela est a savoir. Seulement il faut ici éviter plusieurs erreurs que fonde ce terme d'inconscient. La plus grave de ces erreurs est de croire que l'inconscient est un autre Moi , un Moi qui a ses préjugés, ses passions et ses ruses, une sorte de mauvais ange, diabolique conseiller. Contre quoi il faut comprendre qu'il n'y a point de pensées en nous sinon par l'unique sujet, Je, cette remarque est d'ordre moral. Il ne faut pas se dire qu'en rêvant on se met à penser. Il faut savoir que la pensée est volontaire, tel est le principe des remords : "Tu l'as bien voulu!" On dissoudrait ces fantômes en se disant simplement que tout ce qui n'est point pensée est corps, c'est a dire chose soumise a ma volonté, chose dont je réponds. L'inconscient est donc une manière de donner dignité à son corps. C'est une méprise sur le Moi, une idolâtrie du corps. On a peur de son inconscient, la se trouve logée la faute capitale. On croit qu'un autre Moi me conduit qui me connaît et que je connais mal. On voit que toute l'erreur ici consiste a gonfler un terme technique, qui n'est qu'un genre de folie...Au contraire, vertu c'est dépouiller de cette vie prétendue, c'est partir de zéro."Rien ne m'engage, rien ne me force, je pense, donc je suis". Cette démarche est un recommencement. Je veux ce que je pense, et rien de plus. En somme, il n'y a pas d'inconvénient a employer couramment le terme d'inconscient, c'est un abrégé du mécanisme. Mais, si on le grossit, alors commence l'erreur, et, bien pis, c'est une faute "

Alain