Dossiers > Accueil

Communauté

Devenir membre

La croyance en la valeur de la vérité

" A force de devoir désigner une chose comme "rouge", une autre comme " froide", une troisième comme "muette", s'éveille une proportion morale à la vérité : de l'opposition au menteur, à qui personne ne fait confiance, que tous excluent, l'homme tire pour lui-même la démonstration du caractère respectable, rassurant et utile de la vérité. Il place maintenant son action en tant qu'être "raisonnable" sous la domination des abstractions ; il ne souffre plus de se laisser emporter par les impressions soudaines, par les intuitions ; il invente de généraliser toutes ces impressions en des concepts plus pâles et plus froids, afin d'y accrocher le wagon de la vie et de son action. Tout ce qui distingue l'homme de l'animal dépend de cette capacité à subtiliser en un schéma les métaphores intuitives, donc à dissoudre une image dans un concept. Dans le domaine des ces schémas quelque chose en effet est possible qui ne pourrait jamais réussir au milieu des premières impressions intuitives : édifier un ordre pyramidal selon des castes et des grades, créer un monde nouveau de lois, de privilèges, de subordinations, de délimitations, qui fait face désormais à l'autre monde, intuitif, des premières impressions comme étant ce qu'il y a de plus stable, de plus général, de mieux connu, de plus humain, et donc en tant qu'instance régulatrice et impérative."

Nietzsche