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Continuité et rupture dans l'histoire des sciences

« Les mécaniques contemporaines, mécanique relativiste, mécanique quantique, mécanique ondulatoire sont des sciences sans aïeux. Nos arrière-neveux se désintéresseront sans doute de la science de nos arrière-grands-pères. Ils n'y verront qu'un musée de pensées devenues inactives, ou du moins de pensées qui ne peuvent plus valoir que comme prétexte de réforme de l'instruction. Déjà, si l'on nous permet cette formule, la bombe atomique a pulvérisé un grand secteur de l'histoire des sciences, car, dans l'esprit du physicien nucléaire, il n'y a plus trace des notions fonda­mentales de l'atomisme traditionnel. Il faut penser le noyau de l'atome dans une dynamique de l'énergie nucléaire et non plus dans une géométrie de l’agencement de ses constituants. Une telle science n'a pas d'analogue dans le passé. Elle apporte un exemple particulièrement net de la rupture historique dans l'évolution des sciences modernes.

Et cependant, malgré son caractère révolutionnaire, malgré son caractère de rupture avec l'évolution historique régu­lière, une doctrine comme la mécanique ondulatoire est une synthèse historique parce que l'histoire, arrêtée deux fois dans des pensées bien faites : les pensées newtoniennes et les pensées fresnelliennes, reprend un nouveau départ et tend à une nouvelle esthétique des pensées scientifiques. »

Bachelard, l'Activité rationaliste de la physique contemporaine