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Il ne peut y avoir de promesse mensongère

« En tout état de cause, la voie la plus courte et la moins trompeuse pour me forger un avis en vue de répondre à la question de savoir si une promesse mensongère est conforme au devoir, c’est de me demander à moi-même si je serais vraiment satisfait que ma maxime (de me titrer d’embarras par une fausse promesse) dût valoir comme une loi universelle (aussi bien pour moi que pour autrui) ; et pourrais-je bien me dire que tout homme peut faire une promesse fallacieuse lorsqu’il se trouve dans l’embarras et qu’il ne peut s’en tirer d’une autre manière ? Je prends ainsi bien vite conscience que je puis certes vouloir le mensonge, mais non point du tout une loi universelle ordonnant de mentir ; car, selon une telle loi, il n’y aurait absolument plus, à proprement parler, de promesse, attendu qu’il serait vain d’indiquer ma volonté, en ce qui concerne mes actions futures, à d’autres hommes qui ne croiraient pas ce que je leur indiquerais ou qui, s’ils y croyaient de manière inconsidérée, me payeraient en tout cas de la même monnaie, - en sorte que ma maxime, dès lors qu’elle serait transformée en loi universelle, ne pourrait que de détruire à elle-même. »

Kant, Fondements de la métaphysique des moeurs